jeudi 20 juillet 2017

La fin de la grossesse... (version réaliste)




J'avais écrit un billet sur la maternité version réaliste, il y a quelque temps, pour rassurer une amie en proie à des émotions complètement oubliées des guides de puériculture...

Aujourd'hui, je n'ai personne à rassurer (à part moi-même), mais en lisant les multiples commentaires soulevés par un de mes posts sur IG, je me suis aperçue que la réalité de la grossesse, pour certaines femmes du moins, était encore et toujours passée, en partie, sous silence.


Je vis la fin de ma grossesse dans l'ambivalence la plus totale. Et encore, ambivalence n'est peut-être pas le mot qui convient... car il suppose une espèce d'équilibre entre émotions négatives et positives.
Pour moi, c'est assez dur en ce moment. Plus dur que doux.
C'est d'ailleurs lorsqu'une amie m'a proposé d'écrire, chaque jour pendant une semaine, une raison pour laquelle la grossesse me manquera, et que je n'ai pas trouvé de raisons valables à noter qui me fasse durer plus d'une journée, à part les lieux communs habituels sur cet état, que je me suis dit qu'il était peut-être temps de la regarder en face, de la prendre à bras-le-corps, cette quatrième grossesse.

Je me permets donc de poser des mots ici, pas uniquement dans le but de me faire du bien psychologiquement (même si c'est indéniable qu'un blog a cette grande vertu), mais parce que, au fond, même si je suis consciente de l'extrême nombrilisme de la démarche, je pense, j'en suis sûre même, qu'ils ont quelque chose d'universel.


jeudi 13 juillet 2017

L'attente.




J'ai hâte. 
J'en peux plus de m'habiller pareil tous les matins. Je profite. Je kiffe ces derniers instants de grossesse. 

Je commence à avoir envie de marcher des kilomètres. Je m'inquiète pour un rien. Je suis chiante. Je suis rire. Je suis larmes. Je suis cool. Les enfants me fatiguent. 

Jean-Chou est sur les starting-blocks. Après "il faut qu'on parle de Kevin", j'ai commencé mon premier Dostoïevski. Je veux m'acheter un nouveau sac. Une petite appétence pour la littérature glauque en ce moment? Je bloque à la page 6 de "Crimes et Châtiments". 

Heureusement que le shopping en ligne existe. Je surfe sur Instagram. Je regarde le plafond de ma chambre. Hier en observant quelques contractions "normales", allongée sur mon lit, les enfants ont tous accouru comme si le Père-Noël allait passer: "ça y est Maman ça commence? On peut pleurer de joie ou pas encore? Vous n'oubliez pas de nous réveiller si ça vient la nuit, hein?". Je m'ennuie. 


vendredi 23 juin 2017

Commencer le compte à rebours




Je suis allée m'inscrire à la maternité.
Là où deux de mes enfants sont nés. Là où les tables d'accouchement sont placées exactement face à la Méditerranée... et où les immenses baies vitrées des chambres donnent sur le bleu, le bleu et rien que le bleu.

Cette vue sur cette photo, à l'étage des salles de naissance, c'est celle que j'avais quand j'ai donné naissance à mon fils. Le rêve...

Après le 14 juillet dernier, des travaux de sécurisation de la Prom' ont été entamés.
Le lendemain de l'attentat, quand j'ai appris ce qui s'était passé (en découvrant sur mon téléphone une cinquantaine d'appels et de messages inquiets... d'ailleurs, maintenant, je ne mets plus mon téléphone en mode silencieux, la nuit), j'ai très vite pensé à cet hôpital, que je connais bien... à ces femmes à l'intérieur qui, au moment du drame, sous les feux d'artifice, et pile en face de là où il a commencé, donnaient la vie... et à ceux qui étaient occupés, comme à leur habitude, à en sauver d'autres.


mardi 20 juin 2017

"Il faut qu'on parle de Kevin", de Lionel Shriver (roman)





Il faut que je vous parle de ce livre...

C'est en lisant un article sur le dernier livre paru de Lionel Shriver, "Les Mandible" (qui apparemment est génial), que je me suis souvenue qu'elle était l'auteur de ce fameux roman à succès, "Il faut qu'on parle de Kevin" .
Ce livre ayant donné lieu par la suite à une non-moins connue adaptation au cinéma, maintes fois récompensée, reprenant le titre original du livre: "We need to talk about Kevin", de Lynne Ramsay, avec Tilda Swinton, John C.Reilly, Ezra Miller.

N'ayant pas non-plus vu le film, j'ai voulu commencer dans l'ordre en me procurant le roman.

Je connaissais le thème (un adolescent commet une tuerie dans un lycée, et le livre, tout en flashbacks, remonte jusqu'à la naissance du tueur pour tenter, grâce au point de vue parental, de comprendre pourquoi l'enfant a commis ce crime) mais me suis sentie tout à fait prête à sauter le pas. Quelle bonne idée j'ai eue!


jeudi 15 juin 2017

Celle qu'on croise dans la rue





Quand on sort le soir, juste tous les deux (avec la pastèque que j'ai bien cachée sous ma robe), les regards des gens sont tendres et empathiques: 

Hier soir, au croisement de cette rue sur la photo, un touriste américain s'est arrêté, avec sa femme et ses enfants adolescents, et m'a dit, nostalgique, que j'étais aussi belle que sa femme quand elle était enceinte, et nous a souhaité tout le bonheur du monde.
Une serveuse m'a regardée, attendrie, en me disant qu'elle aussi avait accouché en été, et que d'ailleurs si je voulais m'assoir sur le canapé, j'y serais mieux.
Un monsieur au restaurant m'a félicitée, en me disant que c'était beau, cette vie en création. Il a trinqué en notre honneur, de loin. Ue petite fille s'est postée près de moi, juste pour me regarder, avec un grand sourire.


mardi 13 juin 2017

Se préparer, tout doucement...





La grossesse a ceci d'assez déstabilisant: la notion du temps se voit complètement chamboulée. 
Ainsi, j'ai l'impression d'avoir consacré pas mal temps à me morfondre, concernant ce fameux temps qui passait, à mes yeux, bien trop lentement... et pourtant, ni une, ni deux, je me suis aperçue, ce matin, lors de la troisième échographie morphologique chez mon gynéco... qu'en fait j'étais déjà arrivée au 8ème mois!

Les évènements extérieurs relativement éprouvants de ces dernières semaines, dans ma vie personnelle, ont eu ce côté positif: ils m'ont fait, un temps, un peu décrocher mon attention de mon nombril. Le temps est donc passé très vite!
Mais je me rends compte que, petit à petit, je me recentre à nouveau sur moi, sur mes sensations, les vagues qui affleurent sous mon ventre, sur ce bébé qui va naitre.