mardi 24 septembre 2013

Delphine de Vigan, sa mère... Et moi.


Je suis en train de terminer la lecture de "Rien ne s'oppose à la nuit", de Delphine de Vigan...
Bon alors, ce livre est terriblement bien écrit, mais je précise qu'il vaut mieux avoir à peu près le moral et confiance en la vie pour l'aborder.
Je ne sais pas ce qui me prend, à chaque fin de grossesse je tombe sur des chefs-d'œuvre bien plombants... (La dernière fois c'était "La fenêtre panoramique" ("revolutionnary road") de Richard Yates (ayant inspiré le film "les Noces Rebelles" avec Leonardo DiCaprio et Kate Winslet)

Le livre de Delphine de Vigan a pour thème la vie de sa mère, Lucile, élevée dans une famille nombreuse parisienne un peu loufoque, bobo avant l'heure, sous l'autorité d'une mère lumineuse et enjouée, et d'un patriarche fort en gueule, séducteur, passionnant mais aussi destructeur. 
Divers drames viendront émailler la vie familiale, et la maladie de Lucile va se révéler; elle est bi-polaire.

L'auteur raconte la vie de sa mère, belle et cultivée, de son enfance à sa mort. Ses errements, ses crises, ses périodes d'apaisement, et ses replongées dans les ténèbres de la folie, de l'angoisse.
La lecture de ce livre m'a remuée, car approcher ce monde psychiatrique, dont j'ai la chance d'être éloignée, n'est pas facile. Il fait réfléchir sur la "maladie" de la bi-polarité, son impact sur la vie familiale entière, et sur la possibilité que l'on a finalement peut être tous de la subir, finalement... À la faveur de quelques événements déclencheurs terribles (choc psychologique, violence, etc...)
On se dit que l'harmonie, l'équilibre qu'on construit jour après jour, ne tient peut être à pas grand-chose... C'est troublant.

Enceinte, je me sens vulnérable, un peu sur le fil, comme en transition d'un monde à un autre... Tiraillée entre l'impression de réaliser quelque chose d'énorme; créer une vie supplémentaire, rien de moins... et prise de vertige devant l'infini qui m'attend, et le côté paradoxal, presque "vain", banal, de l'opération.
J'ai reçu cette lecture comme une découverte passionnante et bouleversante... Un livre faisant réfléchir à la famille, son fonctionnement, ses failles, ses zones d'ombres, à la domination de certains de ses membres sur d'autres... 

Une lecture incontournable!




mercredi 18 septembre 2013

Point route: 6 mois de grossesse...

C,


Bonjour mes lecteurs!

J'ai été un peu absente ces derniers temps, besoin de me poser, de réfléchir, et pas forcément le temps ni l'énergie pour écrire régulièrement...

Je suis à 6 mois de grossesse maintenant. Et même si tout se passe pour le mieux, ce n'est pas évident tous les jours.

Cette troisième grossesse est, d'un côté, plus facile que les autres, parce que j'ai assez peu de temps pour y penser, finalement. La vie, la vraie, celle avec des nains à éduquer/occuper, une vie familiale riche, font que je ne me regarde pas trop le nombril... Ces six premiers mois sont passés très vite.
Mes enfants vivent la grossesse avec moi et c'est un vrai bonheur, ma fille surtout, plus grande, discute et échange beaucoup avec moi au sujet de cette future petite sœur.
Je suis, enfin, affublée d'un super Jean-Chou, qui se rend disponible autant que possible et me montre tous les jours qu'il sera là pour moi, ce dont j'ai vraiment besoin.

Mais il y a aussi des moments plus difficiles. Physiquement d'abord, je suis sur les rotules. J'ai passé l'été à courir dans tous les sens, à m'occuper des enfants du matin au soir, et mis à part une semaine de rêve au Club-Med, avec enfants au mini-club toute la journée, qui nous a permis de nous reposer et nous retrouver en amoureux, je n'ai pas eu beaucoup de répit et j'accuse le coup aujourd'hui, notamment avec mes problèmes de dos (l'avantage est que je n'ai pas pris beaucoup de kilos!)
Il faut que je me repose, que je m'allonge au moins deux heures par jour.
La rentrée des enfants tombe à pic!

J'ai aussi un petit décalage à gérer: comme pour mes grossesses précédentes, je ne me sens pas du tout raccord avec l'image de la femme enceinte véhiculée par les médias. Je devrais me sentir belle, épanouie, sereine, confiante en l'avenir, avoir les cheveux brillants, la libido en folie et les dents qui brillent en croquant une belle salade de crudités, comme sur les photos niaises de femmes enceintes dans les magazines.
Au lieu de ça, je me sens encombrée par mon gras, je m'essoufle, j'ai la sensibilité à fleur de peau, je me trouve moche et je pleure pour un rien. Je suis frustrée par le manque de bonne bouffe, de bon vin,   bref, de tous les petits plaisirs du quotidien.
Je ronge donc mon frein. J'adore faire des enfants, fonder une famille puis l'agrandir... Mais je ne suis pas fan de la grossesse. Je suis plutôt "conception" que "réalisation", quoi. J'envie ces filles qui "adooooooorent être enceintes".
Ajoutons à cela que c'est toujours en fin de grossesse que j'ai, bizarrement, plein d'envies (voyages lointains, sorties, activités diverses et variées, me mettre à une langue étrangère, continuer le yoga...), une créativité débordante, et que je me sens comme un lion en cage (ou un hamster dans sa roue, selon l'humeur...) à l'idée de ne pas pouvoir tout faire.

J'ai beau être déjà maman, avoir vécu deux fois ce cheminement, c'est toujours assez mystérieux... J'ai l'impression que là encore, j'ai des deuils à faire, sur ma vie d'avant, mon quotidien bien huilé, mes  désirs. Je me prépare à devenir mère, je sais qu'il faut que je lâche prise sur tout un tas de choses, mon corps et mon mental me le montrent en ce moment.

J'espère que ces trois derniers mois se passeront aussi bien que les premiers, et surtout, qu'ils passeront vite! 
J'ai hâte d'y être, j'ai hâte d'avoir ce bébé si peu concret enfin sur moi, de lui faire une place dans la famille, de devenir folle d'amour. J'ai hâte de passer enfin aux choses sérieuses, j'ai hâte d'avoir les réponses à mes questions, les fameuses "mais comment je vais faire?", "serai-je assez forte pour tout gérer?", "retrouverai-je mon couple assez vite?", "mais comment elles font les autres, on dirait qu'elles se débrouillent toutes super bien et que moi, je suis nulle".
J'ai hâte de me retrouver, moi. De redevenir une fille qui met des jeans belles-fesses, qui court partout, qui profite de la vie, confiante, et qui ne se pose pas mille questions sur son rôle de mère. 

J'ai hâte de rire de ce texte, dans quelques mois.

Vivement la fin, quoi!