mardi 31 décembre 2013

La vie de famille "nombreuse": premières impressions



Cela fait un peu plus d'un mois que notre troisième enfant a connu l'immense honneur d'intégrer notre famille, au fonctionnement fluide et parfait (hum hum)
Cela fait un peu plus d'un mois que nous vivons au rythme effréné de la "famille nombreuse".
Alors, ça change quoi, trois enfants?

Ça change à la fois beaucoup de choses, et pas tellement.

Comme pas mal de copines me l'avaient dit, je trouve, pour l'instant, que le passage de deux à trois enfants est moins difficile que celui de un à deux.
On a déjà appris à se partager, à ne plus contenter entièrement et instantanément une seule merveille du monde, à répondre à la moindre de ses demandes, mais à faire comme on peut.

Pour l'arrivée du troisième, c'est un peu pareil, mais en un peu plus cool encore.
Avec Jean-Chou on remarque que tout ce qui pouvait être source de stress et de dépense d'énergie pour notre première, comme ses pleurs, ses réveils la nuit, ses régurgitations, ses hurlements du soir, etc... Ne nous traumatise pas le moins du monde.
Si ma fille hurle pour savoir son biberon, et que je suis occupée avec son frère à faire de la peinture, ou en voiture en rentrant de l'école, eh bien elle hurlera encore quelques secondes. ZEN. Pas de stress.
Elle se réveille la nuit? Ce qui me paraissait épuisant au début, je le prends avec plus de recul. Je sais que ce rythme stakhanoviste, ces nuits hachées ne durent qu'un temps, je sais que tout ça passe très vite, finalement.

Tout est beaucoup plus compliqué au niveau logistique, tout ce qui prenait une minute auparavant (lorsqu'on n'avait pas d'enfants), comme tout bêtement SORTIR de l'appartement, nous prend maintenant trois quarts d'heure (préparer les bibs, les sacs, habiller tout le monde, déshabiller l'un pour une pause pipi impromptue, mettre tout le monde en rang devant la porte d'entrée, fermer la porte, récupérer le lange du bébé tombé dans l'ascenseur, installation de tout le monde dans les sièges auto, recadrage des caprices et pleurs, gestion des disputes).
On reste zen. Pas que ce soit particulièrement notre tempérament (quoique, on est assez cool tous les deux tout de même), mais c'est plutôt stratégique. On n'a pas le choix.
Si on commence à s'énerver, s'engueuler pour la moindre contrariété, la vie de famille devient vite un enfer, et le couple, tout autant.
Je comprends vraiment que beaucoup de couples se séparent avec l'arrivée d'un bébé... Il faut beaucoup s'aimer, et beaucoup se connaître, pour que la parentalité soude... 

Avec Jean-Chou on est entré dans une phase un poil plus organisée. Je me lève la nuit, et le weekend end il me laisse dormir le matin.
On passe la plupart de notre temps ensemble à s'occuper des enfants, faire une sortie avec les grands, au cinéma ou chez des copains, pendant que l'autre s'occupe du bébé.
C'est un peu frustrant parfois de ne pas faire de véritables "sorties en famille", tous les cinq, comme dans les magazines... Mais la réalité prend le pas sur le fantasme; c'est super compliqué de contenter tout le monde dans une activité commune. 

On essaie de privilégier notre couple, autant que possible, comme avant. Même si la quantité n'y est plus en ce moment... Mais là aussi, on sait que c'est temporaire.
On tente de se partager les tâches sans empiéter sur le domaine de l'autre (domaines tout à fait interchangeables au demeurant), l'autre n'intervient pas, et essaie de ne pas critiquer. Pour éviter une dispute totalement inutile. Et parce que lui et moi, on sait que nos moments à deux, tranquilles, sont si rares, qu'on préfère les passer agréablement. 
Si on s'accroche sur un sujet, si je suis crevée après avoir passé une journée seule avec eux et qu'il rentre tard du boulot (ce qui est fréquent), on essaie de désamorcer la potentielle grosse engueulade bien pourrie qu'on sent venir de treeees loin en se servant une coupe de Champagne ou en faisant une blague débile. 
Alors certes, on va peut être finir alcooliques et fans de Jean Roucas, mais c'est certainement le prix à payer pour avoir une vie quotidienne sympa...
Dans tous les cas, on se dit très souvent que c'est une épreuve pour le couple, les enfants, et que c'est vraiment important d'être amoureux, mais pas seulement. Il faut savoir se protéger, soi-même, et son couple. Être tolérant, laisser souffler, faire beaucoup de efforts, participer le plus égalitairement possible aux tâches domestiques.
Un programme difficile... Mais passionnant.

La vie est donc tourbillonnante en ce moment. Un célibataire sans enfants qui viendrait passer 24h chez nous n'y survivrait certainement pas. 
Il y a des cris, des tâches, des verres qui se renversent. Des lessives quotidiennes, des éclats de rire, des couches à changer en pleine nuit. Des playmobil par terre, des déguisements en pagaille, des spectacles de marionnettes, des milliers de minutes consacrées à ranger. Des disputes, des pleurs, des blagues. Des pansements à coller, des médicaments à donner en pleine nuit. Une routine de repas à faire, de lave-vaisselle à remplir, d'enfants à habiller, d'histoires à lire.
On a peu de temps pour lire un article de journal, prendre une douche ou passer un coup de téléphone. Les deux plus grands ont besoin d'attention eux aussi, et j'essaie au maximum de lâcher ce côté militaire (qui apparaît naturellement, un peu contre mon gré car il ne me correspond pas tellement...) pour laisser la vie se dérouler naturellement, casser les habitudes, rire plutôt que ranger, câliner plutôt que nettoyer, regarder la vie avec poésie et émerveillement plutôt que de se plaindre de manquer de sommeil, profiter plutôt qu'organiser.
On se dit aussi que finalement, un bébé, ce n'est pas très compliqué, comparé aux grands enfants avec lesquels il faut éduquer, discuter, négocier, expliquer, gronder, crier, rassurer, courir... Évidemment, c'est le genre de chose dont on se rend compte seulement après coup! On a passé un weekend entier juste avec notre bébé, et on a réellement eu l'impression d'être quasiment aussi cool que pour un weekend en amoureux!

Avec Jean-Chou on est fous de notre bébé. On a l'impression d'en profiter encore plus intensément que pour les premiers... Parce qu'on sait que ces moments sont fugaces. On mesure vraiment ce que signifie ce "profitez!" Qu'on entend toujours à l'arrivée du premier enfant.
On découvre un peu plus nos deux plus grands. Ils sont inséparables, passent des heures à s'inventer des histoires merveilleuses. On voit des interactions se créer entre eux et leur petite sœur, et on s'amuse à l'idée d'imaginer la troisième participer bientôt aux jeux de ses aînés. Une fratrie, c'est magique!

L'appartement est plein de joie, d'innocence, de vie, et notre responsabilité de parents, c'est de protéger nos enfants, d'entretenir le plus possible cette bulle de bonheur, de confiance et de sourires, malgré les difficultés, le stress, les épreuves...

Le programme d'une vie... Un peu vertigineux parfois. Quoi de plus important? Je compare souvent le projet de fonder une famille à une religion... Et il faut avoir la foi!
Souhaitons-nous bon vent!


Bon allez je vous laisse, faut que je me remette aux abdos...
C'est pas tout ça mais je dois défiler pour Victoria Secret dans deux semaines, moi!
(Call me Heidi Kloug)














jeudi 12 décembre 2013

Club Med: ma lettre ouverte.



Cher Club
Med de Valmorel,

Je te tourne autour depuis quelque temps pour mes vacances de cet été... Tu serais le Club parfait pour ma famille nouvellement agrandie, puisque tu réunis, chose assez rare, à la fois Baby-Club, Petit-Club et Mini-Club (mes enfants ayant eu le bon goût de naître à trois époques différentes)
Tu sais que je t'aime beaucoup, je te suis fidèle depuis 32 ans maintenant, et je ne taris pas d'éloges sur toi.

Je sais que tu me permettrais, cet été encore, d'entretenir l'épanouissement de mon couple (journées entières en amoureux... Petits repas à deux, activités sportives, mais aussi explosion des sens pendant les activités indoor, très recommandées post-naissance par les plus grands spécialistes du Baby-blues) de mon individualité d'épouse, de mère (AH, la petite larmichette de fierté devant mon fils déguisé en lion au spectacle du Petit Club, OH, mais quelle beauté ma fille sur son trapèze) mais aussi de femme (mojitos en all-inclusive, massages et bronzette avec un bon bouquin, débarrassée temporairement de mes nains)

Grâce à toi mes enfants seraient stimulés, divertis, autonomisés, dégourdis, chouchoutés (spectacles, chasse au trésor, sport, téléphérique, balades en forêt, construction de cabanes, activités manuelles)... de 9h à 21h, entourés de petits belges, anglais, français (le multiculturalisme, c'est important).
La dernière fois, tu sais qu'ils ont même pleuré à la fin du séjour, au moment de te quitter? Ils ont presque cru que c'était toi, la vraie vie... Et que tout le reste de l'année n'était qu'une parenthèse jusqu'au prochain séjour chez toi!
Et puis quelle bonne occasion de te présenter ma petite dernière, qui ne te connaît pas encore! (Tu vas l'adorer)

Mais voilà. 
Les tarifs. Ça a encore augmenté, non?
Qu'est ce qu'il s'est passé? On peut négocier ou bien?
S'il te plait, ne me laisse pas sur le carreau, ne m'oublie pas telle une vieille vache crevée sur le bord du trottoir... 
Pense à moi, à mon couple, au bonheur que tu pourrais procurer à mes enfants... Tu n'oserais pas leur dire que la parenthèse est définitivement fermée, non? 
Ah ça, pour sur, je ne suis pas une richissime cliente chinoise, un haut-potentiel VIP des pays émergents, je sais! Je ne claquerai pas mes allocations familiales en Ruinart tous les soirs... Mais est-ce une raison pour laisser s'éteindre notre belle et longue relation?
Moi, modeste GM à l'ancienne issue du Vieux Continent, imprégnée de tant de souvenirs passés auprès de toi, qui ai connu les colliers de boules jaunes et oranges pour payer les conso au bar, les  clubs de cases et les douches communes, qui possède tout un tas de t-shirts à l'effigie de tes villages (mes enfants aussi), qui ai passé mon voyage de noces chez toi..  puis-je tout de même encore espérer daigner avoir grâce à tes yeux?

Toi qui m'as vue bébé, patauger dans tes mers turquoise, enfant, faire du cirque et aller à mes premières boums dans ton night-club, puis devenir ado, découvrir tout un tas de chouettes choses à faire avec les autres ados dans tout un tas de pays differents... et enfin m'épanouir un peu plus complètement en tant que femme (et quelle femme!), tu ne le regretteras pas.. Je suis une si bonne personne! Je dis tellement de bien de toi tout le temps!

Pense à moi. Je te revaudrai ça. 
Je t'aime... gros et affectueux bisous.

Marine.

http://www.clubmed.fr/cm/sejour-valmorel-france_p-133-l-FR-v-VMOC-pe-14E-ac-vh.html