jeudi 30 mars 2017

De croire à la politique mon coeur s'est -encore!-arrêté



Voutch


Avec les primaires, tout d'abord, puis le début de la campagne pour les élections, je pensais reprendre, petit à petit, goût à la politique.

Finalement, la prépondérance extrême donnée aux affaires au détriment du fond et des idées, l'hégémonie terrifiante des médias, pour qui un et un seul candidat est valable et qui traitent de manière tres inégalitaire les candidats (j'en veux pour preuve, par exemple, le dernier "interview" de Marine le Pen par Pujadas sur France 2 il y a deux jours, ou évidemment l'intervention ubuesque de l'insoutenable Christine Angot face à Fillon...), et la manipulation des masses évidente qui en découle, le déni de démocratie auquel on assiste, à droite comme à gauche, quand le vote des gens qui ont pris la peine de se déplacer pour aller voter aux primaires n'est tout simplement pas respecté, l'opportunisme et les retournements de veste de tous les côtés, me font à nouveau ressentir du désintérêt, voire du dégoût pour cette campagne.

Pour tout dire, je comprends qu'une partie des gens, en réaction au spectacle pathétique auquel ils assistent, veuillent voter encore plus aux extrêmes.




Alors entendons-nous bien: dans le fond, évidemment que la dernière des choses à faire, selon moi, est de laisser le FN gagner. Bien sûr, qu'au fond, Le Front Républicain, malgré ses défauts, reste, au bout de la course, indispensable.
Les idées belliqueuses, étriquées et de repli (notamment économiques) de ce parti me paraissent dangereuses. 
Même si je dois reconnaître que je trouve Marine le Pen, dans la forme, ultra-talentueuse. C'est la seule candidate qui, quand elle s'exprime, parle franchement des sujets ignorés par les autres candidats... et, au fond, je trouve qu'elle a raison de jouer sur la rébellion face à tous ces journalistes élitistes et bien-pensants (qui sont objectivement insupportables de sectarisme, et encore une fois, servent, sans même le réaliser, la cause de ceux qu'ils sont censés vouloir abattre).

Alors voilà. Il faut, c'est certain, se forcer à relativiser. 

Bien sûr, qu'au fond, Emmanuel Macron, qui est un des candidats les plus vides et insipides selon moi, surfant sur une espèce de populisme marketing (à moins que ce soit l'inverse?) qui me sort par les yeux, quelqu'un pour qui il est moins question d'idées que de stratégie pour conquérir le pouvoir (pour les idées, oh hé, on verra après, vous voulez bien!) un des moins authentiques, un de ceux qui a le moins de vision politique, sans parler du charisme et de sa capacité à gouverner (car il faudra bien voter pour lui, apparemment, c'est ce ce que nous martèlent les journalistes depuis des semaines), ne fera pas beaucoup de mal à la France. Pas beaucoup de bien non-plus, hein... mais pas trop de mal. De l'eau tiède, en somme.

Il sera (je parle au futur, même pas au conditionnel, c'est effarant) finalement dans une espèce de continuité molle, le prolongement du gouvernement actuel (ce qui, avouons-le, fait vraiment rêver), et au fond, il vaut peut être mieux voter pour le "candidat des nantis", Le candidat des gens pour qui tout va bien et auront toujours les ressources et les moyens pour se débrouiller, un énarque, un technicien, un gestionnaire, qui a appris à l'école à gérer les affaires de l'Etat au fil de l'eau (chose qu'il sait faire bien mieux que moi, c'est indéniable), plutôt qu'un candidat aux idées populistes, extrêmes et potentiellement dangereuses, qui fait croire aux gens que leur avis va compter, que leur vie va changer.

Ne perdons pas à l'idée que, au fond, et encore plus pendant les périodes électorales, une partie des médias (la télé, au hasard? Même si je voue un culte à l'excellente émission politique Zemmour et Naulleau sur Paris Première, tous les mercredis soirs... si vous ne la connaissez pas, je vous conseille de la regarder),  une partie des médias donc, disais-je, avant d'informer correctement, ne sont là que pour nous vendre du rêve, nous manipuler, nous faire consommer, nous exciter à coups de sondages, interventions racoleuses, interviews insupportables de partialisme (oui j'invente des mots si je veux), et scandales au timing minuté... "les jeux du peuple", en somme...gratuits (ou presque, on paye tout de même une redevance pour entendre Pujadas nous expliquer pour qui on doit voter), mais qu'en réalité, on ne doit pas tomber dans le piège qu'ils nous tendent: le sauveur n'existe pas, et un candidat ne sera pas, soudain, la solution miracle à tous nos problèmes (contrairement à ce que la plupart des gens, naïfs et crédules, pensent du plus profond de leurs tripes, dans une fraicheur innocente assez touchante, renouvelable tous les cinq ans, à chaque nouvelle élection... avant de s'étonner de leur propre déception, celle de constater que le "dieu" qu'ils ont mis sur le trône en y croyant de toutes leurs forces n'est qu'en fait qu'un être humain... revenir sur terre quelques semaines à peine après avoir voté, ah, elle était courte, cette fois-encore, la lune de miel).

Finalement on constate que l'être humain est fait pour faire la guerre: il n'aime pas se contenter d'un système imparfait (celui dans lequel on vit aujourd'hui...cette démocratie faiblarde qui nous montre chaque jour ses défauts, mais en remplacement de quoi on n'a encore rien trouvé de mieux... qui reste, comme le disait Churchill, certainement "le pire des régimes, à l'exception de tous les autres"), ... l'être humain, sous la fine couche de civilisation qui le recouvre, ne demande qu'à exprimer sa part sauvage; il rêve régulièrement d'une grosse crise, d'un gros changement pour tout foutre en l'air, tout casser, pour tout remettre à plat. Il a l'impression que ca lui ferait du bien. Doit-on l'encourager dans cette illusion?

Ce sont justement ces envies de radicalité qui sont, selon moi, dangereuses.
Il faut finalement savoir se faire "violence" pour rester "calme"... car au fond, la dernière guerre sur notre sol a eu lieu il y a même pas 80 ans... et même si nous n'avons pas de mémoire (les jeunes encore moins), tout peut pourtant se répéter plus facilement qu'on le croit. Et cette Europe, qu'on aime tant conspuer, soit-disant cause de tous nos problèmes... n'oublions pas qu'on l'a créée pour une seule chose au départ: pour maintenir la paix.

Alors je serai calme, au deuxième tour. Bien sage. Civilisée, docile et bien élevée. Sans fierté particulière, mais parce que ça me paraît être le moins mauvais des comportements à adopter. 
Et au moment de mettre mon bulletin dans l'isoloir, je prendrai du recul sur tout ça. Je me souviendrai qu'aucun des candidats ne sera "magique". Je m'efforcerai de voter pour que notre système qui fonctionne tant bien que mal... continue de fonctionner tant bien que mal.

Mais au fond, Je trouve que les choses ont terriblement empiré depuis les dernières élections.
Je ne pourrai m'empêcher de comprendre tous ces gens qui ne supportent plus ces manipulations, ces machinations au plus haut sommet, qui ont la rage, qui se sentent incompris, les indépendants, les petits commerçants, les ouvriers, les gens qui ont peur de la montée du terrorisme, de la mondialisation, qui ont l'impression de ne plus pouvoir maîtriser leur destin... et qui décident de se détourner des élections, de ne plus voter, ou de voter aux extrêmes. 

Parce que, en vrai, tous ces candidats, tous ces discours, ces affaires opportunément mises en lumière plutôt chez les uns et pas du tout chez les autres (ne me faites pas croire à cette énième utopie populiste du dirigeant "parfaitement moral", je n'y crois pas) et pire, toutes ces machinations et ces manipulations médiatiques et marketing grosses comme une maison, ces ralliements de dernière minute, au détriment de l'engagement sincère en politique, au détriment des candidats officiellement désignés par les primaires, et donc au final au détriment de la démocratie tout entière, qui me donnent l'impression qu'on m'a volé ma liberté de penser, et celle de pouvoir voter pour qui je voudrais, cette impression qu'on ne vit pas dans une vraie démocratie, ça me fait, franchement, de plus en plus chier.
Et ça ne fera qu'alimenter le dégout des gens pour la politique.

Et je me demande par quel retournement miraculeux de situation les choses vont subitement s'améliorer en 2022. Car il y aura des prochaines élections... et le monde 
médiatique ne pourra éternellement mépriser et manipuler le peuple comme un pantin. 
Et que si les politiques et les médias continuent, dans leur entre-soi confortable, à se donner en spectacle, à s'auto-alimenter et s'auto-congratuler, en oubliant complètement le peuple au passage, il n'aura pas envie de rester éternellement bien sage et bien gentil, le peuple, dans l'isoloir, pendant les années à venir.

Voilà. C'était la modeste opinion d'une auteur d'un non-moins modeste "blog de maman". 
Dans mon bulletin de vote, même si ce ne sera pas visible à l'oeil nu au dépouillement (mon inénarrable bonne éducation), il y aura un peu plus de résignation, d'amertume (de cynisme? je n'espère pas...), non pas face aux idées des uns et des autres (que le meilleur gagne... tout candidat intègre, sincère et convaincu mérite, à mes yeux, le respect), mais face à ce simulacre de démocratie qui nous a déjà expliqué que tout était déjà joué.


Sur ce, je retourne à mes achats de matériel de puériculture et à ma couture. 
(je vous ai peut-être donné l'impression que j'étais assise au comptoir, attendant la prochaine tournée anisée... c'est sans compter sur mon état qui, je vous le rappelle, m'empêche d'aller m'en jeter un p'tit).

Et puis, comme me l'a souvent répété, à moitié en rigolant, un ami militaire...  "réfléchir, c'est déjà désobéir", n'est-ce pas? ;-)


Voutch.





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Pour nuancer un peu le titre de mon billet, si un réanimateur de qualité m'est envoyé à domicile dans les plus brefs délais, je crois mon coeur encore capable d'émettre des -certes faibles, mais néanmoins réelles- palpitations.

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