samedi 11 mars 2017

Slow life (Petits bonheurs sans paroles -ou presque-)




























































































































































































Parce que la vie, la vraie, c'est des inquiétudes, la maladie d'un très proche, le stress au travail pour Jean-Chou... Mais que ce n'est pas une raison pour ne pas voir ces multiples petits bonheurs du quotidien.

Je ne sais pas si c'est la grossesse, et si c'est le cas je ne me rappelle pas avoir ressenti ça aussi intensément pendant mes grossesses précédentes... Mais, malgré les difficultés, réelles, qui ponctuent la vie... je suis prise d'un enthousiasme, d'une joie, d'une envie de croquer la vie, que rien, en ce moment, ne peut freiner. 

Je m'amuse, parfois, de me voir me réjouir de tout: d'un mouvement du bébé, de ma vie de famille qui me donne de plus en plus de plaisir, que je trouve de plus en plus intéressante au fur et à mesure que les enfants grandissent et que la famille s'étoffe, de l'énergie folle que je déploie en ce moment, des kilomètres à pied que je parcours chaque jour, des réveils à l'aube qui ne me fatiguent pas plus que ça (du moins, bien moins qu'avant), de l'aiguille sur la balance qui avance surement mais doucement grâce à, peut-être, un peu plus de contrôle de mon alimentation que lors de mes grossesses précédentes (eh oui, malgré ma frénésie de bons petits plats maison!), du yoga que je ne lâche pas, du petit voyage qu'on est en train de préparer en famille pour les prochaines vacances, de mes enfants que je trouve absolument géniaux chaque jour (même quand ils sont objectivement énervants), à qui j'ai envie de faire un peu plus plaisir, pour qui j'ai envie de me creuser la tête, chaque jour, afin de leur offrir un quotidien doux, fantaisiste, souriant et sécurisant, de Jean-Chou qui se donne à fond pour nous et à qui j'ai envie d'offrir, en retour, la vie la plus cool et allégée possible, chaque jour, des milliers de délicieux petits plats que j'ai envie de préparer, avec amour, à mes proches, et même à la grand-mère de Jean-Chou (qui, en temps normal, m'exaspère autant que je l'adore) qui, à cause de la solitude (et de son petit caractère), se nourrit peu et mal et à qui j'ai envie de faire un peu plus plaisir que d'habitude, des petits bloomers que je couds pour le bébé.

Je sens que la générosité, l'amour, la patience, la gratitude, le plaisir, grandissent et explosent en moi, en ce moment (enfin, dans la mesure de mes capacités, je reste foncièrement imparfaite et pleine de vilains défauts, hein)... et je ne sais pas trop expliquer si c'est simplement parce que je mûris, je vieillis, je m'assagis, je vois la vie différemment, j'accepte de plus en plus la vie au lieu de lutter... ou si c'est l'état particulier de la grossesse qui me donne des ailes et éveille mon coeur autant que mes cinq sens. Mais force est de constater que mes proches m'ont déjà connue plus ennuyeuse, à vif et ronchon qu'en ce moment, et qu'ils en profitent eux aussi amplement.
Même quand mes jambes flanchent, le soir, vers 20h, comme si j'avais couru un marathon (enfin, de ce que je peux imaginer, n'ayant jamais couru de ma vie), je le prends avec philosophie, j'ai envie de remercier ce corps qui s'active pour deux, et qui me lance humblement ce message, le soir, qu'une petite pause, tout de même, serait bienvenue.

Je ne peux m'empêcher de songer que cette euphorie va bien finir par retomber, que la fatigue va réussir à me cueillir, que le mal de dos va finir par réapparaitre, que le moral va s'amenuiser... Une quatrième grossesse, c'est censé être épuisant, non?
Mais des copines me disent qu'elles avaient réussi à garder la pêche jusqu'au dernier jour, même en ayant plein d'enfants remuants à la maison. Et si ça se passait mieux, cette fois?

En attendant, et sans faire de plans sur la comète, je profite, je laisse de longues minutes ma main sur mon ventre le soir et je me laisse bercer par ses mouvements aléatoires, j'écoute les chansons que mes enfants, collés à mon nombril, chantent au bébé, je savoure le simple fait d'être en si bon état physique, les premiers signes du printemps me mettent en joie, pas un jour ne passe sans que je ne retombe amoureuse de ma ville, de ma Côte d'Azur, et de cette lumière qui les sublime. 

Je repense souvent aux moments difficiles qu'on a eu à traverser, à l'état de désespoir par lequel j'ai pu passer à certains moments de ma vie, comme l'été dernier après les attentats du 14 juillet, et je constate que oui, la roue tourne, et qu'en décidant de contrer cette noirceur en acceptant d'accueillir une nouvelle vie, on a fait un choix... merveilleux. 


(photos: Instagram)




3 commentaires:

  1. Ce choix dont tu parles ressemblait fortement à une irrépressible pulsion de vie au lendemain de l'attentat du Bataclan lorsque tu parlais de ce 4ème enfant.
    Il est le choix de la vie, celui de l'espérance, un pied de nez à la noirceur de certains actes, je partage ta joie.

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    1. Oui tu as raison, ce n'est même pas "inconscient", on l'a formulé comme ça, consciemment, naturellement... dès le le demain de mon retour de Paris.
      Les événements de Nice ensuite m'ont fait perdre toutes mes certitudes... et finalement cet enfant est "quand-même" venu, et j'ai reçu la nouvelle avec une immense joie.
      On aurait sûrement voulu un enfant de plus sans ça...tout n'est pas à mettre sur les événements extérieurs, l'instinct de reproduction est en chacun de nous... mais je ne sais pas si on l'aurait concrétisé.
      Mais instinct ou pas, il y a indéniablement une force plus grande que nous qui nous a "guidés" et qu'on a choisi de suivre. À chacun de donner un mot, un sens, une définition ensuite à cet appel... 😇

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