mercredi 26 avril 2017

Aimer être enceinte... (ou pas): et vous, alors?

(une photo prise la semaine dernière.. si si!)


Y a-t-il des femmes parmi vous aimant la grossesse? et d'autres ayant plus de mal à vivre cette période?

Je vais attaquer le dernier trimestre, et comme à chaque grossesse, ça s'accompagne d'un petit coup de mou. Les six premiers mois se sont merveilleusement passés, j'ai quand-même la chance de n'avoir quasiment aucun désagrément lié à la grossesse, mais là, ça y est, ça commence à faire long, comme le disait Florence Foresti...

Je commence à m'inquiéter devant les épreuves qui m'attendent... physiquement je me mets pas mal la pression pour "tenir". Je sais que je ne vais pas avoir le choix... je vais devoir m'occuper des trois grands jusqu'à la fin, sans faiblir.
Et parfois je me dis que je ne vais pas forcément y arriver (bon j'ai réussi à chaque fois... mais ce pessimisme diffus augmente tout doucement... ce qui est sûrement un peu logique, mais pas forcément rationnel: tout va peut-être merveilleusement se passer jusqu'au dernier jour)

Jean-chou donne tout ce qu'il a, mais ce n'est pas un auxiliaire de vie/psy/taxi non-plus... il est super pris par le travail et ne peut pas être au four et au moulin. Il est présent au maximum, assure avec les enfants, est patient plus que de raison, me dit tout le temps qu'il me trouve belle (quelle gentillesse de sa part, j'ai beaucoup de mal à le croire) heureux de sentir l'arrivée de son deuxième fils approcher... je n'ai absolument rien à lui demander de plus!

Moralement j'entame aussi ma période la plus dure... comme à chaque fois, je suis un peu désespérée des déformations de mon corps. J'ai l'impression d'avoir mille deuils à faire: mon apparence, mon modeste potentiel de séduction, l'éternelle question "mais comment mon ventre va-t-il retrouver le chemin pour redevenir plat à nouveau?", et puis tous ces plaisirs, ces petits paradis artificiels, sur lesquels j'ai du tirer un trait, et qui rendent, du coup, la vie plus monacale, moins savoureuse. 

Ne serait-ce qu'après une journée bien crevante avec les enfants pendant les vacances... j'avais l'habitude pour évacuer les tensions de boire une coupe de champagne/aller au yoga/sortir/faire un resto en amoureux/mettre des fringues sexy (ou juste bien coupées)/boire plusieurs autres coupes de champagne/ faire des galipettes/tout ça en même temps...
Là, quasiment tout m'est strictement prohibé. Je suis fatiguée. Moins dynamique. Je m'écroule de fatigue le soir et j'ai mal au dos. Du coup je suis aussi moins drôle.
Et c'est super frustrant par moments. 

et comme souvent, c'est parce que certaines choses sont interdites qu'on en a subitement bien plus envie... Je n'ai jamais été spécialement fanatique de sushis, mais en passant devant notre petit izakaya préféré à Nice (Quoi, vous ne connaissez pas le génial Maïdo?), maintenant, je salive avec un brin de masochisme. Tous ces détails peuvent paraitre bien superficiels à toute personne non enceinte... mais ajoutés à la longue liste des choses interdites, ça a son petit côté supplice chinois.

(J'ajoute que le manque de yoga se fait sentir... encore une "addiction" que j'ai du mettre en suspens... la prof que j'adore est partie en voyage 6 mois -elle sera de retour cet été, ce qui tombe bien-, une autre de mes profs est géniale mais son cours est trop physique et athlétique maintenant pour mon état... et une autre prof, dont les cours me paraissaient plus accessibles, m'a clairement fait sentir qu'elle était mal à l'aise avec le fait que je sois enceinte... et la perspective d'un yoga prénatal, pour le coup plus mou et moins fun, me fait moins envie...)

C'est parfois dur d'être une femme, quand-même (ça, c'était la sentence existentielle à la con)

Ma "force" c'est que je reste lucide et mesurée sur cette période et mes sautes d'humeur... je sais que c'est une période à vivre, qui me paraîtra loin une fois le bébé là... je sais que je suis de ces femmes qui aiment être mères dès les premiers instants (le séjour à la maternité, pour moi, malgré les plateaux-repas servis à 18h et la foule de gens qui viennent taper à la porte 24/24 est quasiment la définition du paradis sur terre, tant la fusion avec un nouveau-né me procure de bonheur, imaginez un peu) mais qui n'aiment pas particulièrement la grossesse. J'ai donc plutôt confiance pour l'après.

Mais il me reste quand même 3 mois à tirer et ça me met parfois en colère de voir que la terre entière continue de tourner, que Jean-Chou continue d'avoir mille possibilités pour relâcher la pression, alors que pour moi tout est en suspens (je suis totalement égocentrée, je le reconnais) et que j'aimerais bien être traitée un poil comme une princesse. Pas trop, mais un peu sacralisée quand-même, vous voyez?
Ajoutons à cela que ma petite dernière est très dure en ce moment (quoi, ça fait 3 ans et demi que je dis ça?): à peine une période de progrès dans son comportement est-elle passée que l'on en paye le prix juste après, avec une grosse phase de régression, faite de caprices, de crises, de tentatives de négociation... Je gère ses émotions et crises minute par minute en ce moment, comme le lait sur le feu, et c'est épuisant.

Inutile de préciser que je ne bénéficie d'aucun traitement de faveur particulier, je ne suis pas spécialement aidée (même si je trouve que je fais déjà partie des privilégiées), et que je ne caresse même pas l'éventualité de me plaindre (sauf auprès de Jean-Chou, sur ce point on peut dire qu'il est servi), tant je crains que ce soit mal vu. du genre "tu les as voulus tu assumes". 
Je sais que lorsqu'on fait le choix de faire un quatrième enfant, dans la société dans laquelle on vit, on n'a pas spécialement le droit à l'erreur, et c'est le genre de remarque à laquelle on peut s'attendre; je ne préfère par les provoquer. Alors je fais mon maximum pour être forte chaque jour, et donner l'image de quelqu'un qui ne se plaint pas. Car si on a fait un peu plus d'enfants que la moyenne, on est une femme forte, n'est-ce pas? 

Je suis super indépendante, et je ne suis clairement pas très douée pour demander de l'aide (par orgueil un peu, parce que j'aime bien n'en faire qu'à ma tête, et aussi parce que j'ai de gros doutes sur l'éventualité de recevoir une réponse positive, tant tout le monde, et c'est bien normal, est occupé et a sa vie à gérer) ... issue d'une famille où chacun est tres indépendant et tres occupé... ce qui a beaucoup d'avantages, et forcément quelques inconvénients aussi (disons que nous ne faisons pas partie de ceux qui peuvent caser leurs enfants super facilement pour avoir un week-end en amoureux).

Alors voilà. Objectivement tout va bien. J'ai une super vie. J'ai beaucoup de chance d'être enceinte alors que d'autres ne le peuvent pas. Mon bébé bouge énormément et me donne plein de signaux positifs. Je suis en bonne santé et j'ai peu de désagréments. 
Je viens de recruter un baby-sitter, un lycéen qui vit dans notre immeuble... ce qui matériellement pourra m'apporter beaucoup. On a une femme de ménage depuis des années (depuis la naissance de notre deuxième enfant), et c'est une grande chance.
Mais voilà... ce n'est pas tellement sur l'organisation ou le matériel, que j'ai des petits coups de mou.

J'éprouve plus une fatigue généralisée, un bouleversement d'émotions, une impatience .. dont j'attribue une partie de la responsabilité aux hormones... mais aussi au fait que je ne me sente pas forcément comprise, dans ces périodes-là. J'éprouve aussi, et c'est moins glorieux, une sorte de sentiment d'injustice, une frustration, voire parfois un enfermement... qui me font avoir hâte d'arriver au terme de ma grossesse.
Comme pour chacune de mes grossesses, je suis un peu seule avec mes inquiétudes, en fait... même si cela ne se décèle pas le moins du monde quand on me voit. D'un côté, j'adore ces moments un peu à part dans ma vie de femme, je réussis à savourer le plaisir de fabriquer une vie, patiemment, jour après jour... et de l'autre, j'aimerais parfois avoir des pauses. Que ce ne soit pas forcément H24. Les ambivalences...

J'ai conscience aussi que, contrairement à une première grossesse, où l'on prend sûrement beaucoup plus le temps de se centrer sur son nombril, de se chouchouter, de s'écouter.... les journées passent sans que je consacre beaucoup de temps, ni d'énergie, à me centrer sur mes ressentis autour de ce futur bébé. 
Je ne fais pas de préparation à l'accouchement, je n'ai pas spécialement envie de faire toutes ces choses que je trouve un peu artificielles, sur lesquelles on peut avoir tendance à se ruer quand on est enceinte pour la première fois, comme l'haptonomie, le chant death-metal prénatal ou l'aqua-poney de grossesse ou que sais-je encore.
J'ai sûrement tort, je perds peut-être l'occasion de me poser un peu et de me préparer... et d'un autre côté j'ai pleinement confiance en mes capacités pour ce qui concerne l'accouchement, et toute la suite. Je me sens, tout simplement, prête, et ne ressens pas le besoin de me mettre en maillot de bain moche Arena pour flotter maladroitement, tout ventre dehors, avec plein d'autres femmes dans mon état, dans une piscine municipale, au son d'une musique à visée relaxante, mais qui aurait toutes les chances de me stresser un peu plus.
Le fait de ne pas être centrée toute la journée sur ma grossesse, bien occupée que je suis par mes enfants déjà présents, présente aussi l'avantage de faire passer les choses plus vite.

Alors voilà... à celles qui font partie du groupe de celles qui "adoooooorent être enceintes" et vivent un rêve éveillé du premier au dernier jour: j'ai besoin de vos trucs et astuces.
Ca me paraîtra exotique, et ça me donnera peut être quelques idées! 
Les autres, les comme moi, n'hésitez pas non-plus à vous exprimer... ça me rassurera sûrement sur mes ambivalences.

Parce que, je le sais maintenant, et je vois bien que je le ressens de manière identique pour la quatrième fois... je ne fais pas partie de celles qui aiment particulièrement cette période, où l'on est forcée à mettre son corps entre parenthèses. 
C'est aussi pour cela que j'ai allaité seulement mon aînée, et que j'ai ressenti comme une libération le fait de donner le biberon à mes enfants suivants dès leur naissance: Dès que je sors de ce bain d'hormones, que je me libère de ce carcan de la grossesse (et de ce qui peut prolonger cet état, comme le fait d'allaiter par exemple), que je retrouve mon corps, que je m'amincis, que je retrouve mes seins, mon ventre, juste pour moi, je retrouve enfin le gout, l'envie, le plaisir, l'énergie. Peu importe si mes nuits sont entrecoupées de réveils-biberons.
Et la vraie vie peut enfin commencer, et je peux enfin me donner tout entière à mon nouveau-né, et à mes autres enfants, à mon homme aussi, libérée de toutes ces entraves.
Je peux tout simplement redevenir enfin femme, ce qui me semble bien plus difficile quand je suis enceinte (la sexualité faisant aussi partie des domaines à reconquérir... et j'ai toujours ressenti très vite, après chaque naissance, une forte envie de redevenir femme, et pas que mère, pour mon Jean-Chou).
Je n'ai, par exemple, jamais ressenti de "nostalgie" sur mes grossesses précédentes. J'ai eu des désirs d'enfant très forts... mais jamais de désirs de grossesse. Vraiment pas. Cela ne m'aidera donc pas à spécialement "profiter au maximum" (j'ai toujours eu du mal à comprendre ce conseil...) de cette grossesse qui je pense sera la dernière... en revanche, profiter au maximum d'un bébé, ça, je sais faire.

J'en parle de manière d'autant plus lucide que je sais que certaines femmes, au contraire, disent clairement ne se sentir bien, précisément, que dans les périodes de grossesse et d'allaitement. Et je suis vraiment étonnée par la différence de ressentis qu'on peut avoir sur cette période de la vie.

D'ici là, je vais essayer de profiter de moments off, avec la reprise de l'école, jusqu'à début juillet, pour recharger au maximum mes batteries, essayer de prendre un peu de recul (je suis consciente que les vacances avec les enfants sont des périodes éprouvantes pour les nerfs et l'énergie  et qu'enceinte les difficultés sont démultipliées, ce qui peut jouer sur mes perceptions et mon moral).

Mais la grossesse, pour moi, c'est cela aussi... pas seulement cette jolie image d'épanouissement sur papier glacé, mais une épreuve, un chemin parfois un peu escarpé, un bouleversement en profondeur, une révolution intérieure. Dont je sais que je ressortirai plus forte, comme je l'ai été après chaque naissance... mais dont je n'ai pas envie de nier les difficultés (Même si j'ai conscience que la franchise de mon discours pourra heurter les certitudes, en forme d'images d'Epinal, de certains)

Merci pour votre écoute. Je n'attends pas de solutions venant de l'extérieur (je les ai toutes en moi...), en revanche je serai curieuse de lire vos ressentis, pour en mesurer la variété, et prendre du recul.


12 commentaires:

  1. Ton témoignage me parle tant.
    J'aurai pu écrire ces lignes si ce n'est le fait que je suis enceinte de mon deuxième et non mon 4eme ;)!
    Ce dernier trimestre est éprouvant moralement physiquement, psychologiquement.
    le changement physique, l'impression d'être un boulet pour mon mari (oui oui), le manque de réactivité, d'efficacité, le fait de devoir demander un peu d'aide, toutes ces choses qui ne me ressemblent pas, qui sont difficiles à gérer au quotidien.
    Je n'ai qu'une hâte c'est tenir mon bebe dans les bras tout comme pour ma
    Première.
    Jai toujours rêvé d'une famille nombreuse, mais je ne sais pas si j'aurai la force de revivre encore une grossesse.
    Pourtant je sais précisément qu'à l'instant même où je tiendrai mon tout petit tout sera loin derrière Moi et l'envie de pouponner à nouveau réapparaîtra dans qq années.
    En tous cas Merci pour ce si beau témoignage car je me sens moins seule et pardon d'avoir écrit un roman ��

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  2. Bonjour,

    Je n'ai pas aimé être enceinte. Les nausées, les douleurs ligamentaires, la prise de poids excessive, l'épuisement...Rien ne me manque ! Le plus difficile pour moi est tout ce qui a découlé de ces grossesse : deux accouchement très difficiles, le corps bousillé, les kilos qui s'accrochent. Parfois je pense à un hypothétique troisième enfant, mais repasser par la case grossesse / accouchement me rebute vraiment. J'ai beau me dire qu'il ne s'agit que d'une courte parenthèse dans la vie d'une femme, rien n'y fait! Je vous souhaite néanmoins une belle fin de grossesse ainsi qu'une belle rencontre avec votre bébé.

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  3. J'aime, j'adore être enceinte. Mon petit dernier à 5 mois, c'est mon "3 ou pas cap" à moi. J'ai déjà oublié tous les mauvais moments de la grossesse, et pourtant j'en ai eu aussi. Ahh cette fatigue, douce et lancinante! Il m'arrive pourtant d'avoir le fameux syndrome du "ventre vide"! Dans quelques mois tu ne te souviendra que du meilleur!
    Là où je te rejoins, c'est le fameux "ahh ben tu l'a voulu", ou "fallait réfléchir avant", lorsqu'on sors de la norme, valable pendant la grossesse et pire après. Cela me mets une pression d'enfer. Je m'interdis de me plaindre, je m'épuise parfois.
    C'est vraiment pas rien d'être enceinte! Belle fin de grossesse.
    ps: tu me semble toute belle et toute menue avec ton bidon sur la plage

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  4. moi aussi je n'aime pas être enceinte. J'ai accumulé les grossesses hyper difficiles, hyper stressantes (dont la plupart se sont terminées prématurément de façon affreuse), j'ai subi tous les maux possibles et imaginables, les accouchements ont été catastrophiques... Bref, la grossesse est angoissante à mes yeux. Et pourtant, être mère est la plus belle chose de ma vie. A la seconde, où je tiens enfin mon bébé dans les bras, c'est un bonheur indicible et je suis une mère à 200 %.... J'aurais voulu avoir des jumeaux pour rentabiliser la grossesse ;)...
    Aude

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  5. N'étant pas une grosse buveuse, je n'ai pas éprouvé tellement de manque de ce côté-là, en revanche je n'en pouvais plus des jus de tomate (la carte des cocktails sans alcool manque cruellement de variété et d'inventivité, et est beaucoup trop sucrée pour moi en général : jus + jus + sirop, génial). Alors je me suis mise à concocter des trucs de sorcière dans ma cuisine, jus de gingembre et infusions de romarin pour pouvoir boire des choses un peu plus intéressantes à l'apéro. Oui le souvenir général de ma grossesse, c'est que j'ai passé vachement de temps dans ma cuisine, j'avais 1000 envies à assouvir ! (l'avantage quand on prépare soi-même ce qu'on mange, c'est qu'on ne peut pas se goinfrer non-stop, faut compter le temps de cuisson ;-)
    Sinon ce n'était pas une époque particulièrement bénie, mais j'étais très sensible à la magie du truc : fabriquer un être humain à partir de presque rien, je n'en reviens toujours pas (sachant que je continue aussi de m'émerveiller face à des lentilles qui germent sur un coton, hein). Donc puisque le reste part en couille, peut-être faut-il essayer de se concentrer davantage sur cette magie. Mesurer ce que ça a d'incroyable de sentir un bébé bouger en soi. Je dévorais tout ce que je pouvais trouver sur le développement embryonnaire, le côté scientifique du truc me passionnait, je n'en avais jamais assez.
    Mais, bien sûr, on est peu de chose face à la puissance des hormones... Alors bon courage pour les moments difficiles.

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  6. Je n'aime pas être enceinte non plus et j'ai sans doute un caractère pas très éloigné du tien. Mais je crois que tu as le droit de te plaindre (peut-être en choisissant les bonnes oreilles), parce que ce n'est pas tous les jours rose, que parfois les enfants, même si on les a voulus et qu'on les adore, nous sortent par les trous de nez. On a le droit d'être fatiguée, d'avoir besoin d'un peu d'écoute même si on fait genre "tout va bien" et qu'on est trop fière pour montrer qu'on a un coup de mou et même si objectivement parlant on peut être plus gâtée que d'autres. Comme dit le proverbe : "si tu veux juger mon chemin, commence par prendre mes chaussures..." Si on ne s'autorise pas à craquer un peu de temps en temps, il y a un moment où c'est l'élastique qui prend la décision tout seul de claquer.
    Prends bien soin de toi

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  7. Je ne sais plus trop comment j'ai découvert ton blog, mais cela fait un moment que je te suis et j'aime beaucoup ta façon d'écrire, vraie et nuancée à la fois. Je commente rarement, parce que nos vies sont fort éloignées... Notamment parce que mon rapport à la maternité est bien différent du tien ! Petite, à l'âge où les petites filles jouent aux poupées, puis à l'âge où les lycéennes / étudiantes envisagent leur avenir, je clamais haut et fort que je n'aurai pas d'enfant. Je n'en voulais pas, pour diverses raisons, mais c'était clair et net dans mon esprit. Et puis j'ai rencontré mon homme, alors étudiant puis devenu instit', qui adore les enfants et ne pouvais imaginer ne pas en avoir. Et au bout de presque 10 ans de vie commune, quand cela a menacé de devenir la pierre d'achoppement de notre couple, j'ai cédé. Et j'ai détesté la grossesse : la nausée quasiment en permanence les 6 premiers mois, mes seins qui ont commencé à "fuir" dès le 4ème mois, 0 libido pendant toute la grossesse, cette impression d'être une baleine échouée les 3 derniers mois... Et puis après l'accouchement, ce tout petit être totalement dépendant et incompréhensible, dont on me dit qu'il faut profiter, sauf que je ne comprends pas de quoi je dois profiter... J'ai mis presque 1 an avant de pouvoir dire "j'aime ma fille" sans mentir, avant que les mots doux que je lui disais soient réellement ressentis et pas de convenance. J'ai failli y laisser ma santé, physique et mentale - parce qu'il est difficile d'exprimer ces choses-là sans qu'on vous regarde comme un monstre. Même si j'ai essayé d'en parler à mon homme, il n'a jamais compris l'ampleur du séisme en moi, ni à quel point notre couple était passé près de la rupture. Donc ça me fait du bien de lire des aspects plus positifs de la maternité, quand c'est écrit vrai comme tu le fais, sans cet angélisme insupportable, ce "c'est que du bonheur !" qui me donne automatiquement envie de mordre ! Et ça me fait du bien aussi de voir que même des femmes qui comme toi s'épanouissent dans la maternité ont quand même des moments de doutes et de blues... Bon courage et bonne continuation à toi.

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  8. Bonjour Marine. Je réagis au commentaire précédent qui fait écho à ma première grossesse. Mon entourage même a été surpris d'apprendre que j'étais enceinte de mon fiancé, avec qui je vivais depuis 7 ans. Mon entourage ne me "voyait pas" mère. Mon ventre contenait un alien, quelque chose d'indéfini, grâce auquel je n'ai ressenti aucun désagrément jusqu'au 7ème ou 8ème mois. Après, il y a eu la fatigue, un accouchement techniquement incompréhensible, un bébé très mince, un allaitement râté, parce que sous la pression. Et plein de fausses preuves de tendresse, pas de lien, encore un effet indéfini de quelque chose indépendant de moi, extérieur à moi. Le sentiment maternel non inné. Pourtant, j'ai accepté de renouveler l'expérience avec une 2ème grossesse, plus consciente, un peu moins détachée de mes ressentis, mais toujours aussi "facile", jusqu'au 3ème trimestre. Et comme mes deux premières grossesses m'avaient paru faciles, j'ai réitéré pour un 3ème enfant. Je suis restée très cool, sans rien forcer, prendre la vie doucement, au ralenti, parce que déjà avec 2 enfants. Mais même si je me sentais globalement bien, j'ai fini par compter les jours avant l'arrivée du bébé, parce que hâte de la rencontrer, d'enlever ce gros ventre incommodant, de passer à autre chose, le maternage. Si tu te mets à faire le compte à rebours maintenant, çà peut être décourageant.
    Bon courage. Sabine

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  9. Alors moi qui suis clairement du côté "j'adore la grossesse" (sauf les deux premiers mois avec les nausées, la fatigue et le stress de la fausse-couche, mais passons; disons que j'adore àpartir du moemnt où ça devient visible), j'ai essayé de réfléchir au sujet.
    Déjà je suis très sensible à la magie de ce processus qui conduit à la naissance d'un nouvel être, à l'évolutivité de cet été jour après jour aussi, rythmé par de nombreuses étapes. J'adore sentir la présence du bébé, être en fusion avec lui, l'avoir constamment avec soi.

    Je trouve aussi que c'est une période d'extase narcissique, on attire les regards, on se sent spéciale, les gens sont attentionnés, ça on aime ou on n'aime pas clairement, moi j'ai beaucoup aimé. Dans cette dimension narcissique le rapport au corps est une part importante: personnellement j'aimais beaucup la silhouette de femme enceinte, le gros ventre bien dessiné. Du coup pendant ces périodes j'adorais porter des robes moulantes, je me pavanais en bikini sur la plage: c'était pour moi un contraste important car en temps normal, ce n'est pas du tout mon genre de me pavaner! J'ai un physique qui n'a rien de remarquable et qui n'est certainement pas dans les normes de l'idéal actuel. Se sentir belle, rayonnante, épanouie dans mon corps, littéralement pleine de vie, c'était un peu comme passer de l'ombre à la lumière; ça a vraiment été une des raisons qui m'ont fait le plus adorer la grossesse je pense.

    J'ai eu de la chance aussi, les grossesses ont été faciles. J'ai pu jusqu'au bout marcher, nager, partir en vacances, et aussi travailler. Je me suis peu sentie privée car je ne bois jamais d'alcool et je n'aime ni la charcuterie, ni les fromages forts. Au contraire, au niveau alimentaire j'ai pu me faire plus plaisir car quitte à prendre du poids, autant que ce soit pour du chocolat! Comme pour l'histoire du rapport au corps, c'était aussi l'occasion d'un rapport moins strict avec l'alimentation. Côté sport comme je le disais, j'ai pu continuer à nager, et j'avais déjà arrêté l'équitation que j'adore à cause des études, donc je n'étais pas "plus" privée de ce côté-là.

    Bref je me rends compte que je ne te donne aucun truc là, la manière de vivre la grossesse dépend tellement de la personnalité de chacune (et aussi du déroulement de la grossesse c'est certain). Pour moi le plus dur a plus été le post-partum, c'est là où j'ai eu le plus de mal à comprendre le "profite à fond" (de quoi? Du ventre vide mou et dégonflé, des nuits de deux heures, ou des pleurs incessants et angoissants???) Quelque part j'envie celles qui comme toi n'adorent pas la grossesse, car tu as tout le reste de ta vie pour profiter de l'état que tu préfères!

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  10. merci, merci à toutes!

    C'est super intéressant de recueillir, non pas des conseils convenus ou des encouragements hypocrites, mais des réactions sincères, un retour des unes et des autres sur la vérité de leur ressenti par rapport à la grossesse... dont les émotions ne sont pas toujours faciles à identifier et décrire.

    (J'ai aussi reçu quelques messages privés de filles n'aimant pas commenter publiquement)

    J'aime beaucoup vous lire!

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  11. Je suis exactement comme toi, j'aurais pu écrire ces lignes... ça fait du bien de te lire ! Je suis pareil je m’épanouis dès la mater, je revis, j'adore la phase nourrisson, nuits chaotiques... Je dirais même que j'adore accoucher :)

    Mon 2ème à 5 mois et nous avons lancer les essaies pour le 3ème. Je me projette à fond avec 2 bébés rapprochés mais pas du tout dans la grossesse, je préfère ne pas y penser !

    Bon courage pour ce dernier trimestre, je n'ai pas de conseil à te donner si ce n'est de penser à la finalité, à ce beau bébé à venir...

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  12. Moi, j'ai bien aimé, les deux fois, sauf évidemment les pics d'angoisses liés aux signaux médicaux pas encourageants (sans rentrer dans les détails) du début, et les signes d'accouchements genre perte du bouchon deux mois avant la date prévue (finalement tout s'est bien passé). Et ventre énormissime qui a amené tous les inconnus du monde à penser que c'était pour très bientôt dès la moitié de la grossesse (c'est l'emmerdant avec lse grossesse d'été ; avec les grossesses d'hiver, le manteau masque partiellement).

    Alors je te conseillerais de réfléchir tout de même à une préparation à la naissance qui te brancherait (l'avantage de l'haptonomie, c'est que c'est en coule), parce que ça fait un moment où tu te focalises sur ton bébé et votre début de relation, ce qui est précieux, je pense, quand on attend un 3e ou 4e (et qu'ion 'na moins le temps de se poser à se préoccuper de son bébé quand on en a trois aurtour qui réclament de l'attention et occupent nos pensées).

    Pour l'alcool, je ne peux pas t'aider car je n'en bois pas donc je m'en contre-fiche, mais essaie vraiment de trouver d’autres choses qui te font plaisir - un bonbon qui te rappelle ton enfance, une saloperie pas bonne pour le régime mais le régime attendra, un gros kif, auquel tu pourras penser à chaque privation.

    Pour le baby-sitter, c'est chouette que tu en aies un. Essaie de te ménager des moments à toi, où tu fais des choses qui te plaisent, ou même où tu nglandes méchamment, mais sans pression, sans aucun objectif d'efficacité quelconque, sans aucune culpabilisation de dire "putain, j'avais du temps et j'ai rien fait" ; tu abrites un locataire qui a besoin de ton énergie pour se construire,c'est normal que tu aies envie de penser à toi, d'être un peu princessisée, et si personne n'est en mesure de le faire, que tu t'autorises toute seule des moments où tu te chouchoutes, et si tu ne fais rien, c'est pas grave parce qu'en fait, ben tu couves, quoi.

    C'est pour la petite dernière que je ne peux pas te donner de conseils et qu'effectivement, ça doit bien coincer... elle a une chambre à elle seule, où aller se calmer / jouer : penser à autre chose et la colère retombe quand elle fait son cinéma ? (chez nous, le "dans ta chambre !" a été formidable pour traverser en douceur le fameux terrible two).

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